Un défilé sans autorisation

Une toile accrochée chez quelqu'un ne se voit pas. Elle existe pour une personne, dans une pièce, et c'est très bien ainsi. Mais elle s'arrête là.

Ce que montre la vidéo

Pas de podium, pas de barrières, pas de dossier de presse. Un groupe qui remonte une rue, et les passants qui s'écartent ou ne s'écartent pas. Le décor n'a pas été choisi, il était là : une façade, une camionnette mal garée, la lumière du jour telle qu'elle tombait ce matin-là.

C'est ce que je voulais voir. Les motifs qui bougent sur des gens qui marchent, au milieu de ce qui passe.

Pourquoi la rue

Un motif peint ne se comporte pas de la même façon selon ce qu'on en fait. Au mur il est fixe, on tourne autour, on prend le temps. Porté, il plie, il se déforme, il disparaît dans un mouvement et revient dans le suivant. On ne voit jamais deux fois la même image.

La rue ajoute autre chose, qui compte davantage : elle ne demande la permission à personne. On n'entre pas dans une galerie par hasard. Un trottoir, tout le monde le croise.

Ce qui défile

Les pièces viennent toutes de toiles peintes à la main. Le motif existe d'abord comme œuvre, il est ensuite cadré, découpé, reporté. Ce n'est pas un dessin posé sur un vêtement : c'est un tableau qui change de support, et qui accepte de se froisser.

Rien n'est acheté ailleurs, rien n'est généré. Derrière chaque pièce il y a une toile réelle, avec ses épaisseurs, ses coulées et ses accidents. C'est la seule règle de la maison qui ne bouge pas.

Recommencer ailleurs

Un défilé sans autorisation ne se prépare pas beaucoup : on choisit une rue, une heure, et on y va. Celui-ci en appellera d'autres, dans d'autres quartiers, avec d'autres pièces. Si vous voulez en être, écrivez-moi.

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